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  • Ouvrage : Éducation critique aux médias et à l’information en contexte numérique
  • Publication suite au séminaire tenu au CEMTI entre 2016 et 2018.

    Presses de l’Enssib, 2020.

    Interdiction des téléphones portables à l’école, contrôle des plateformes en ligne pour lutter contre la désinformation – l’éducation aux médias se retrouve au centre des politiques publiques numériques. Depuis 2013, la loi de refondation de l’école a inscrit dans ses missions fondamentales une éducation aux médias et à l’information. Cet ouvrage présente le résultat de trois années de réflexion collective avec des chercheur.es explorant l’économie politique de la communication, la sémiotique, la sociologie des usages, la critique des industries culturelles et créatives et la sociologie du genre.

    Sommaire

    Introduction par Sophie Jehel et Alexandra Saemmer

    Partie 1. Éduquer à l’information, décoder les infomédiaires

    Chapitre 1. « Fake news », complotisme, désinformation : quels enjeux pour l’éducation aux médias ? par Romain Badouard

    Chapitre 2. Cybersexisme : un nouveau phénomène de socialisation adolescente par les outils du numérique ? par Sigolène Couchot-Schiex et Gabrielle Richard

    Chapitre 3. Surveillance à l’ère numérique : comment résister à l’emprise de la société de contrôle ? par Serge Proulx

    Chapitre 4. Retour sur les enjeux politiques du mouvement du logiciel libre, par Sébastien Broca

    Chapitre 5. Comment saisir la qualité politique des technologies numériques ? par Clément Mabi

    Chapitre 6. Faire attention, ou l’affectivité en contexte numérique, par Camille Alloing et Julien Pierre

    Chapitre 7. Qu’est-ce qu’un moteur de recherche ? par Guillaume Sire

    Chapitre 8. La défiance des adolescents vis-à-vis de l’information journalistique dans le contexte de la crise de l’information, par Sophie Jehel

    Chapitre 9. Se confronter aux fausses informations : des moyens techniques de lutte aux outils éducatifs, par Léo Jannot-Sperry

    Partie 2. Approches réflexives et créatives des médias

    Chapitre 10. Inoculer le genre. Le genre et les SHS : une méthodologie traversière, par Marlène Coulomb-Gully 

    Chapitre 11. L’éducation critique aux médiations informationnelles et communicationnelles en milieu numérique, par Nicole Pignier

    Chapitre 12. Pour une lecture critique des interfaces du livre numérique, par Nolwenn Tréhondart 

    Chapitre 13. La créativité en éducation critique aux médias : un défi pour l’École, par Laurence Corroy

    Chapitre 14. Que peut la littérature face aux techno-pouvoirs numériques ? par Alexandra Saemmer 

    Chapitre 15. Adolescence et maîtrise des technologies de la communication, par Francis Jauréguiberry

    Chapitre 16. Déconstruire le mythe des digitales natives, et au-delà : cheminements théoriques et méthodologiques, par Anne Cordier

    Chapitre 17. Mobilisation des savoirs techniques par le professeur documentaliste. L’éducation aux médias comme transmission d’un savoir expérientiel en milieu numérique, par Céline Ferjoux 

    Chapitre 18. CyberOmbre, repenser les nouveaux médias par le médium théâtre, par Fardin Mortazavi

  • MEI #49 : Regard et communication
  • Publication suite au séminaire tenu au CEMTI en 2019.

    La question de l’historicité du regard, et des dynamiques socio-politiques multiples qui participent de son façonnage, a longtemps été l’objet d’intérêt exclusif de l’histoire de l’art. L’émergence des Cultural Studies à partir des années 1960, s’appuyant notamment sur la sémiotique critique de Roland Barthes, des études féministes au tournant des années 1970, avec la conceptualisation du « male gaze », et enfin des Visual Studies dans les années 1980 a largement participé du renouvellement de la problématique de la construction sociale du regard et élargi le spectre des méthodes employées pour l’étudier. Ces approches ont mis l’accent sur la dimension sensible et intériorisée des rapports sociaux. Elles ont tracé les contours d’une politique de la perception par laquelle la visibilité sociale se trouve inégalement distribuée. Ce numéro de la revue MEI souhaite participer de ce renversement de la focale, de cette approche critique du regard qui invite non pas, ou pas seulement, à considérer ce qu’il y a à voir dans les représentations médiatiques ou artistiques, mais à interroger le rôle qu’elles jouent dans la formation de manières de voir (et de se voir), à la fois socialement situées et réorganisées par des dispositifs sociotechniques. En se focalisant sur la question de la configuration sociale du regard, il propose d’explorer les contextes de circulation des images, leurs modalités d’appropriation et leur participation à l’édification des normes de visibilité.

    Sommaire

    Editorial, par Maxime Cervulle et Alexandra Saemmer

    On Seeing and Knowing : entretien avec John Rajchman
    Maxime Cervulle et Alexandra Saemmer

    Théories et pratiques de la performativité visuelle. Les politiques de l’acte d’image au prisme des Leviathan Series de David Batchelor
    Maxime Boidy

    Voir les médiations à l’œuvre dans la construction du jeu vidéo comme objet muséal
    Marion Coville

    La réception les yeux fermés ? Spectacles non vus et controverses théâtrales
    Maxime Cervulle

    La France coloniale et le spectateur « indigène » : histoire d’une incompétence cinématographique
    Morgan Corriou

    Un œil « moyen ». Le cinéma d’amateur en France
    Giuseppina Sapio

    Performer la décolonisation/décoloniser la performance. Les œuvres The Artifact Piece et The Artifact Piece Revisited des artistes autochtones James Luna et Erica Lord
    Aurélie Journée-Duez

    Remonter aux motivations sociales et politiques du regard. Esquisse d’une méthode en sémiotique sociale
    Alexandra Saemmer et Nolwenn Tréhondart

    Éducation à l’image, critique de l’artification et approche sémiotique
    Bernard Darras

    Les « Deux Marianne » : une image, des regards, des affrontements en contexte numérique
    Justine Simon

    Visualité/contre-visualité, propositions pour une (re)définition
    Ulrike Lune Riboni

    Quelques tableaux de la représentation
    W.J.T. Mitchell

     

  • Journée d’étude : Bêta-lecture et formes de co-écriture sur le web littéraire - 16 octobre
  • Journée d’étude organisée par Sylvie Bosser et Bérengère Voisin, avec le soutien de la MSH Paris Nord et l’EUR ArTeC.
    16/10/2020
    Campus Condorcet, Centre des colloques, Salle 3.01.

    10h00 – Bérengère VOISIN et Sylvie BOSSER, Introduction

    Session 1. Modérateur Pascal Mougin

    10h15 – Valérie STIENON, Université Sorbonne Paris Nord, Pléiade/Médialect :
    « Bien écrire la fin du monde. Bêta-lecture et dystopie ».

    10h45 – Nolwenn TRÉHONDART, Université de Lorraine, CREM :
    « La professionnalisation du lecteur sur les plateformes d’écriture numérique. L’exemple de Scribay et Plumavitae ».

    11h15 – Alexandra SAEMMER, Université de Paris 8, CEMTI :
    « Nouvelles de la Colonie. Jeu de rôle littéraire sur facebook ».

    Session 2. Modérateur Gaëlle Théval, Université de Rouen

    14h30 – Sandra PROVINI, Université de Rouen, CÉRÉdI :
    « Fanfictions et partages de l’auctorialité : auteurs, bêta-lecteurs, alpha-lecteurs et commentateurs ».

    15h00 – Marie-Anaïs GUEGAN, Université de Lyon, Groupe MARGE :
    « Forum d’écriture en ligne. Dispositifs d’écriture, auctorialité et poétique des textes ».

  • Études de communication #54 : Les images au cœur des rapports sociaux. Vers de nouveaux régimes de représentation et de visibilité ?
  • Les industries culturelles et médiatiques paraissent omnipotentes dans la sélection et la diffusion des images qui vont faire l’information ou « faire l’histoire ». Comme l’ont démontré plusieurs travaux, les médias traditionnels sont en effet les principaux acteurs de la production des icônes visuelles (Hariman et Lucaites, 2007 ; Lavoie, 2010), par la répétition et la « circulation circulaire » (Bourdieu, 1996) en particulier. Au-delà de la consécration de certaines images, les institutions médiatiques et culturelles ont le pouvoir de faire exister ou au contraire de taire l’existence d’événements, de groupes sociaux, de récits minoritaires en déterminant la « hiérarchie du voir » (Voirol, 2005a). Par ailleurs, quand ces événements, groupes et récits minoritaires sont représentés, les modes de représentation qu’offrent les espaces médiatiques et culturels dominants semblent verrouillés, souvent défavorables ou partiels. Les réseaux sociaux numériques paraissent cependant déstabiliser cette hégémonie (Gunthert, 2015) et participent à la reconfiguration des régimes de visibilité et de représentation à l’œuvre. Si le système médiatique et les industries culturelles continuent d’être des instances de validation et de constructions des représentations, elles doivent également prendre en compte les tendances qui, en particulier en ligne, désignent d’autres images, d’autres actualités et d’autres histoires. Par ailleurs, les productions culturelles et contenus médiatiques visuels traditionnels ne sont pas sans faire l’objet de processus de négociation de sens et de véritables querelles interprétatives. Identifiés de longue date par les auteurs qui ont interrogé la réception (Hall, 1994), ces processus de négociation de sens trouvent de nouveaux canaux d’expression et se nourrissent désormais de la conscience des alternatives disponibles. Ce sont ces récits visuels alternatifs et les réceptions différenciées des images hégémoniques que ce 54e numéro d’Études de Communication propose d’interroger.

    Sommaire
    Introduction, Ulrike Lune Riboni et Raphaële Bertho

    Race, visualité et histoire, Martin A. Berger

    Des images en débat : de la blessure de Geneviève Legay à la répression des Gilets Jaunes, Édouard Bouté et Clément Mabi

    Victimes de violences conjugales face aux campagnes institutionnelles entre ventriloquie, injonctions et paradoxes, Giuseppina Sapio

    Les réponses des fans aux représentations lesbiennes fictionnelles : le cas de The 100 et Wynonna Earp, Mélanie Bourdaa

    Iconographies médiaclastiques des corps noirs : des innovations visuelles au service d’alternatives représentationnelles, Emmanuelle Bruneel

    Donner à voir le lecteur sur les réseaux sociaux numériques : « Bookstagram », entre nouveaux régimes de visibilité et iconographies standardisées, Marine Siguier

  • Séminaire : Performer le politique en Afrique et dans les diasporas, oct. 20 - juin 21
  • Protéiforme, le geste performé échappe à tout cadre. De cette liberté et du lien intime qu’il entretient avec un lieu, une histoire, un public naît une pratique qui sait avec force penser et infléchir le politique. C’est le cas en particulier dans les Afriques, où se déploient aujourd’hui des expérimentations d’une grande radicalité autour des formes, des significations et des possibles de la performance. 

    Le cycle Dialogues Afriques est proposé par l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et la Cité internationale des arts, et porté par Dominique Malaquais (CR, CNRS-IMAF), Julie Peghini (MCF, Université Paris 8 Vincennes-Saint Denis-CEMTI), Christine Douxami (MCF HDR, Université de Franche-Comté-IMAF) et Sarah Fila-Bakabadio (MCF, Université de Cergy-Pontoise-AGORA).

    #1 29 octobre | Agir sur son temps, performer son époque

    Marinette Jeannerod (chercheuse, artiste, curatrice)
    Tickson Mbuyi (artiste performeur)
    Cléophée Moser (chercheuse, artiste, curatrice)
    Precy Numbi (artiste performeur)

    #2 12 novembre | L’Algérie, entre mémoires de la colonisation et geste révolutionnaire
    Alice Carré (chercheuse, dramaturge)
    Margaux Eskenazi (metteuse en scène)
    Bahïa Bencheikh-El-Fegoun (réalisatrice)
    Salima Tenfiche (chercheuse)

    #3 26 novembre | A YEN DO ETE
    Myriam Mihindou (artiste, performeuse)
    Aurore Sacquart (artiste et spécialiste du langage des signes)

    #4 10 décembre | Poétique RM2, Queeriser l’ancestralité africaine : archives utopiques dans les espaces de réjouissance
    Anna Tjé (artiste, chercheuse, performeuse)

    #5 14 janvier | Cercle Kapsiki
    Hervé Yamguen (artiste, poète) Hervé Youmbi (artiste)
    Lionel Manga (écrivain)

    #6 28 janvier | Moi, performeur. Exister au dedans et au dehors du Brésil
    Wagner Schwartz (artiste, performeur)

    #7 2 février | Be.Power
    Nástio Mosquito (artiste, performeur, musicien)

    #8 12 mars | Batho Re
    Lerato Shadi (artiste, performeuse)
    Katja Gentric (chercheuse, historienne d’art)

    #9 25 mars | Performance entre art et carnaval – Trinidad et Tobago
    Maica Gugolati (chercheuse, curatrice, artiste)

    #10 12 avril | A man was lynched by Police Yesterday
    Dread Scott (artiste révolutionnaire)
    Cette séance est organisée en collaboration avec le DIU ArTeC+

    #11 6 mai | Art and Afrodescendant Mobilization in Latin America, 1960s-2010s Alejandro de La Fuente (chercheur, historien) Anne Lafont (chercheuse, historienne d’art)

    #12 13 mai | Sous réserve

    #13 11-13 juin | Utopies performatives

    Rencontres internationales à la Cité internationale des arts – Sites du Marais et de Montmartre. Plus d’informations à venir !
    Entrée libre, dans la limite des places disponibles
    Echanges en français et anglais
    Programme susceptible d’être modifié Horaires à consulter sur notre site internet

  • Journées d’études doctorales du CEMTI, 11 et 12 janvier 2021
  • Organisées par Lucile Coquelin & Adrien Péquignot 

    Amphithéâtre MR002, Maison de la Recherche, Université Paris 8 

    Lundi 11 janvier

    https://u-paris.zoom.us/j/86469225699?pwd=cmVxWHdYWW5vR0t3a3lwNFZGdE12UT09 

    ID de réunion : 864 6922 5699

    Code secret : 993686

    Mardi 12 janvier

    https://u-paris.zoom.us/j/83848339286?pwd=dHcxNVNLdUVNK1ZJUWhVNloyV3NWZz09 

    ID de réunion : 838 4833 9286

    Code secret : 816013

    11 janvier

    10h - 11h Session modérée par Sébastien Broca 

    Tiphaine Carton

    « La plateforme webpédago.com, un “compromis” entre différents “mondes” ? » 

    Le modèle des “cités” élaboré par Boltanski et Thévenot (1991) permet de saisir quels « compromis » entre différents « mondes » et donc quelles différentes valeurs et conceptions du bien commun sont cristallisés par la plateforme webpédago.com, tant par ses concepteurs que par ses utilisateurs-enseignants. En guise d’ouverture, il s’agira de soumettre ce terrain à une analyse sémiotique « ouverte » (Boutaud, Veron, 2007), en se demandant si l’on peut y retrouver des traces matérielles et symboliques des différents « compromis » identifiés auprès des acteurs. 

    Renata Cabas

    « Le capitalisme de surveillance à l’époque des Gafam (Europe-USA) » 

    Le capitalisme de surveillance est un nouvel ordre économique revendiquant l’expérience humaine comme matière première gratuite à des fins commerciales (S. Zuboff). C’est aussi une menace car il est à l’origine de la position dominante des Gafam et du changement des comportements des consomma- teurs (captation de données, profiling, tracking etc.) qui deviennent la matière géolocalisée, analysée, contrôlée et modifiée. Cette intervention a pour objectif de présenter son pouvoir “instrumentarien” en se basant sur une enquête menée avec la méthode de l’observation participante. 

    11h - 12h Temps d’échanges 

    12h - 13h - Pause déjeuner 

    13h - 14h Session modérée par Carlo Vercellone 

    Kianoosh Yasaei

    « Le digital labor à l’ère de l’impérialisme de plateforme » 

    Dans les turbulences de la crise du néolibéralisme est né le capitalisme de plateforme dont le pouvoir économique de ses oligopoles s’avère aujourd’hui incontestable. Cette référence historique marque aus- si l’émergence d’un autre phénomène, celui du digital labor. Comment saisir l’articulation historique de ces deux phénomènes dans sa dimension globale ? Comment interpréter la phase actuelle du capi- talisme de plateforme d’un point du vue du Sud ? Nous tâcherons de répondre à ces interrogations en introduisant le concept d’impérialisme de plateforme. 

    Ludovic Bonduel

    « Instituer les communs par ou contre la propriété : propriété commune ou non-propriété » 

    L’une des questions théoriques ayant traversé l’histoire du socialisme a consisté à savoir s’il fallait pen- ser l’alternative à la propriété privée comme propriété collective ou comme absence de propriété. Les différentes pensées critiques s’étant développées autour de la notion de “communs” depuis les années 1990 semblent également traversées par cette interrogation. Nous proposons de comparer et interroger sous cet angle l’approche Ostromienne (qui pense la propriété commune à travers la notion de faisceaux de droits) et celle de Dardot et Laval (qui cherche à instituer une sphère hors-propriété). 

    14h - 15h Temps d’échanges 

    15h - 15h30 Pause-café 

    15h30 - 16h30 Session modérée par Alexandra Saemmer 

    Fardin Mortazavi

    « Le théâtre dans les cavernes du numérique » 

    L’analyse de la temporalité de l’usage du Web est le plus souvent marquée par l’urgence, l’immédiateté, l’instantanéité et la régularité. Or, après les modèles de captation de l’attention centrés sur « la durée », celui de la fidélisation et sur « l’intensité », celui de l’alerte, émerge un 3ème régime combiné des deux précédents : « l’immersion » par la pratique des jeux vidéo, la communauté... En résonance avec une contre-expérience esthétique immersive scénique avec les enfants et les jeunes (www.cyberombre.org), nous tentons de cerner les spécificités de ce temps d’immersion dans les rapports sociaux. 

    Laurent Chomel

    « L’engagement politique et citoyen suscité par le programme Youtube Datagueule  » 

    YouTube s’est peu à peu imposé dans les usages des jeunes adultes pour diversifier l’offre d’information et d’éducation, avec la possibilité d’une interaction que la télévision ne peut leur proposer. Cette prise de parole publique à travers les commentaires exprimés à la suite des vidéos est une action déterminante au regard d’une génération qui a besoin de regarder l’avenir sans filtre. En analysant les commentaires du programme Datagueule, nous pouvons observer les signes d’une délibération politique de forte am- pleur. Cette intervention en exposera les résultats obtenus. 

    16h30 - 17h30 Temps d’échanges 17h30 

     

    Conclusion - Adrien Péquignot 

     

    12 janvier

    9 h Introduction – Adrien Péquignot

    10h - 11h - Session modérée par Julie Peghini 

    Sébastien Appiotti

    « La photographie comme fil rouge de la recherche.
    Étude de cas autour de la Réunion des musées nationaux - Grand Palais » 

    Cette communication questionnera le rôle qu’a joué dans cette recherche doctorale la photogra- phie, et plus largement les stratégies d’orientation du regard du visiteur, dans la reconfiguration économique, fonctionnelle, identitaire et spatiale du Grand Palais. À partir des expositions Sey- dou Keïta (2016) ; Empires (2016) ; Rodin (2017) et Joyaux de la collection Al Thani (2017), nous analyserons notamment le changement du positionnement de l’institution par rapport à l’acte photographique, tant dans la conception de dispositifs sociotechniques, scénographiques, que dans les discours. 

    María Alcalá

    « Regards en mouvement : pratiques photographiques de l’exil et de l’asile » 

    À partir de deux séries d’entretiens de photo-élicitation (Harper, 2002) auprès des deman- deur-ses d’asile et réfugié-es syrien-nes résidant en France, mon projet de recherche essaie de comprendre dans quelle mesure et de quelles façons les pratiques photographiques de ces personnes modulent leurs expériences migratoires. Il s’agira, lors de cette communication, de présenter des résultats intermédiaires de l’enquête. 

    11h - 12h Temps d’échanges 

    12h - 13h Pause déjeuner 

    13h - 14h30 Session modérée par Benoît Lelong 

    Lucile Coquelin

    « D’une étude de la réception à une recherche-action-critique : réflexions collectives sur la production de la série Black Mirror  » 

    La série Black Mirror met en scène un monde proche, ou envisageable, dans lequel les nouvelles technologies sont naturalisées au point de faire partie intégrante de l’être humain. Afin d’interro- ger le positionnement critique revendiqué de la série, j’ai mené une recherche doctorale en dé- ployant un protocole interdisciplinaire. Cette intervention aura ainsi pour ambition de présenter une méthodologie d’enquête se tenant à la croisée des cultural studies et de l’éducation critique aux médias tout en partageant quelques observations de terrain sur la production de la série. 

    Adrien Péquignot

    « ”Love me Tinder, love me sweep” aside. Proposition méthodologique de rétro-ingénierie sociale » 

    A travers la pratique de l’application Tinder puis une analyse collective de son interface effectuée avec des étudiant-es de licence 2 de l’UFR Culture et Communication ce semestre, nous montre- rons quelles conceptions de la rencontre amoureuse favorise cette application. Nous nous ap- puierons pour cela sur une méthodologie de rétro-ingénierie sociale inspirée par les travaux de la sémiotique des écrits d’écran (Souchier ; Saemmer) et des software studies (Manovich ; Marino). 

    Ghizlane Benjamaa

    « L’Islam sur téléphone portable :
    Analyse socio-sémiotique des applications mobiles religieuses musulmanes » 

    Au fil des années, la religion et ses stratégies de diffusion ont évolué et s’inscrivent désormais aussi dans la sphère numérique. Internet est devenu un lieu de prédication pour un grand nombre de prêcheurs tout en permettant aux croyants d’échanger entre eux, voire de prier en- semble. Cette intervention aura pour ambition de présenter une analyse socio-sémiotique d’un corpus d’applications mobiles musulmanes dont les interfaces modélisent potentiellement les pratiques des croyants qui les utilisent. 

    14h30 - 16h Temps d’échanges 16h 

    Conclusion - Lucile Coquelin 

  • Parution ouvrage : Keivan Djavadzadeh, Hot, Cool & Vicious. Genre, race et sexualité dans le rap états-unien
  • Communément associé à l’expression d’un discours misogyne, le rap reste un champ musical dominé par des hommes. Pourtant, les femmes l’ont très tôt investi : de la fin des années 1970 à aujourd’hui, de The Sequence à Megan Thee Stallion, en passant par Queen Latifah, Salt-N-Pepa, Lil’

    Kim, Nicki Minaj et Cardi B, l’histoire du rap, c’est aussi celle des femmes talentueuses qui se sont emparées de ce genre. Qui ont écoulé des centaines de millions de disques et participé de manière significative au développement artistique et commercial de cette musique, sans pour autant être reconnues à la hauteur de leur contribution.

    Cet ouvrage leur donne enfin la place qu’elles méritent. En rendant compte des rapports de domination et des formes de subjectivation possibles pour celles qui évoluent dans cette industrie, il restitue toute la diversité et la complexité de leur musique. Elles ont ouvert un espace de discussion sur des problématiques relatives à la condition des femmes noires des classes populaires et, à rebours des représentations hégémoniques, fait évoluer les mentalités dans la culture hip-hop sur des sujets aussi brûlants que la race, la sexualité ou les violences de genre. Que cela plaise ou non, la motherfucking bitch era n’est pas près de se refermer.

  • Habilitation à diriger des recherches - Maxime Cervulle
  • Maxime Cervulle a soutenu le 4 décembre 2020 son habilitation à diriger des recherches à l’Université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis, devant un jury composé de 

    • Alexandra Saemmer, CEMTI, Université Paris 8 (garante)
    • Marlène Coulomb-Gully, LERASS, Université de Toulouse (présidente du jury)
    • Isabelle Garcin-Marrou, ELICO, Sciences Po Lyon (rapporteure)
    • Tristan Mattelart, CARISM, Université Paris 2 Panthéon-Assas (rapporteur)
    • Jamil Dakhlia, IRMÉCCEN, Université Sorbonne Nouvelle (examinateur)
    • Virginie Julliard, GRIPIC, CELSA – Sorbonne Université (examinatrice)
    • Éric Maigret, IRMÉCCEN, Université Sorbonne Nouvelle (examinateur) 

    Le dossier constitué en vue de l’HDR a pour titre « La construction communicationnelle des rapports sociaux ».

    Il est composé de trois volumes :

    • VOLUME 1 – PARCOURS SCIENTIFIQUE (162 pages)

    La communication au prisme des cultural studies  : publics, médias et représentations

    • VOLUME 2 – MÉMOIRE DE RECHERCHE (348 pages)

    Le théâtre subventionné face à ses spectres : publics, diversité et controverse sur le racisme

    • VOLUME 3 – RECUEIL DES PRINCIPAUX TRAVAUX (418 pages)

     

    Résumé du mémoire de recherche :

    La recherche originale présentée dans ce volume porte sur les conflits d’interprétation relatifs à la portée raciste ou antiraciste de spectacles, sur les mobilisations auxquels ils ont donné lieu et sur la controverse qu’ils ont fait émerger dans le secteur du théâtre public français. Elle se fonde sur l’étude d’un des cas les plus exemplaires de cette controverse : la mobilisation contre le spectacle de Brett Bailey Exhibit B, accusé de racisme et de porter atteinte à la dignité humaine lors de sa programmation en région parisienne en 2014. Elle propose de rendre compte des implications de cette controverse du point de vue des rapports qu’entretient l’institution théâtrale vis-à-vis de ses publics et non-publics, notamment dans le contexte de développement d’une « politique de diversité » au sein du théâtre subventionné. 

    Cette recherche a pour fil rouge la question des publics, saisis de quatre manières différentes : comme un collectif politique formé autour d’un problème et s’engageant pour le résoudre dans des actions publiques ; comme composé de communautés interprétatives ayant en partage un mode particulier de réception et un certain usage des œuvres théâtrales ; comme une figure discursive servant de support plus ou moins implicite aux activités dans lesquelles s’engage l’institution théâtrale ; comme l’instance tierce à laquelle s’adressent les deux parties qui s’opposent dans le traitement médiatique d’une controverse. Elle prend appui sur une enquête mobilisant diverses méthodes qualitatives (des entretiens semi-directifs menés avec les principaux acteurs de la controverse, l’analyse de corpus de presse, ainsi que de documents institutionnels et militants) et quantitatives (une étude statistique sur les publics d’un Centre dramatique national). 

    L’enquête expose les processus au travers desquels des communautés interprétatives concurrentes se sont configurées en situation et en sont venues à s’affronter. Elle rend également compte, en s’appuyant sur les apports des cultural studies, des rapports de pouvoir en vertu desquels une interprétation en est venue à s’imposer au sein de l’espace public médiatique. Elle souligne donc la répartition inégale de la légitimité à prétendre connaître, voir et dire le racisme. L’étude met ainsi au jour la formation d’une « injustice épistémique » (Fricker, 2007), par laquelle les compétences interprétatives et l’expérience des publics contestant le spectacle ont été à la fois disqualifiées et « déréalisées ». Cette question est abordée au travers d’une approche constructiviste (Berger et Luckman, 1966) qui souligne le rôle de la connaissance dans l’institution de la réalité. 

    La démarche, ici élaborée et mise à l’épreuve d’une enquête empirique, dessine les contours d’une approche communicationnelle des communautés interprétatives qui se forment autour des productions culturelles. Cette approche est caractérisée d’abord par une conception pragmatique de la réception selon laquelle la signification d’une production culturelle réside dans les usages qui en sont faits. Elle souligne à la fois la dimension agonistique de l’interprétation et l’inégalité fondamentale qui organise ces affrontements interprétatifs. Elle met l’accent sur l’assise épistémique de l’interprétation et sur le rôle que joue la médiation médiatique dans la distribution asymétrique des capacités épistémiques des publics.

    Les trois premiers chapitres portent directement sur la mobilisation contre Exhibit B. Le premier chapitre retrace les différentes étapes au travers desquelles cette contestation du spectacle est advenue en France. Celle-ci s’est en effet déployée à l’échelle européenne avant de trouver à s’exprimer, sous une forme particulière, sur le sol français. Le chapitre donne en particulier à voir les différents types d’arguments déployés dans ce contexte à l’encontre du spectacle et de sa programmation, et étudie l’organisation de la mobilisation et les actions qu’elle a engagées. Le chapitre suivant porte sur le traitement médiatique de la controverse. Il analyse la manière dont la presse représente les publics mobilisés et il rend compte de la manière dont le cadrage médiatique s’est stabilisé, à partir d’une réflexion sur le rapport des journalistes aux sources et sur les stratégies de communication mise en œuvre par les différentes parties impliquées. Le troisième chapitre concerne enfin la réception de l’œuvre et tente d’identifier les déterminants d’un tel décodage oppositionnel. Prenant appui sur l’une des critiques récurrentes adressées par les soutiens d’Exhibit B aux publics mobilisés – celle selon laquelle ils n’auraient pas vu le spectacle –, le chapitre interroge les conditions de réception de spectacles non vus et donc les différentes médiations au travers desquelles se forge une interprétation.

    Les trois chapitres suivants explorent certaines des implications de cette controverse pour l’institution théâtrale, en particulier du point de vue de son rapport à ses publics et non publics. Le quatrième chapitre étudie la politique de diversité dans le secteur théâtral, qui est née directement dans le sillage du débat qu’a ouvert la mobilisation contre Exhibit B. Il expose les usages et limites de cette politique culturelle, telle que conçue au sein du ministère de la Culture et mise en œuvre, avec certaines réticences, au sein des théâtres nationaux et Centres dramatiques nationaux. Le chapitre 5 porte quant à lui sur la connaissance qu’ont ces établissements de leurs publics. À partir de l’analyse des études de publics qu’ils commandent, le chapitre propose une réflexion sur l’entretien institutionnel d’une ignorance vis-à-vis de la diversité des publics et d’une méconnaissance des multiples formes d’inégalité dans l’accès aux œuvres. Pour finir, le sixième chapitre invite à relire l’ensemble de ces résultats à l’aune d’une réélaboration théorique. Il part du constat de la centralité de la figure du public absent comme moteur de la politique culturelle et des actions de médiation dans le secteur théâtral. Considérée selon cette perspective, l’absence ou la relative absence de certains groupes sociaux parmi les publics n’est plus alors un effet malheureux – la conséquence malencontreuse d’une politique culturelle ou de pratiques de programmation et de médiation mal ajustées – mais le révélateur de ce qui soutient le monde théâtral tel que nous le connaissons. Le chapitre invite donc à penser ces absences dans leur positivité, et propose d’appeler régime de spectralisation le type de relation nouée entre, d’une part, une institution culturelle dont l’existence même est dépendante de l’objectif de démocratisation culturelle et, d’autre part, les non-publics qu’elle construit et valorise comme tels. La controverse sur le racisme dans le théâtre public français est alors relue comme une manifestation spectropolitique  : la mobilisation d’un public qui se rappelle au bon vouloir d’une institution culturelle dont le fonctionnement ordinaire repose sur son absence. La controverse étudiée ne témoigne ainsi pas tant d’une crise de l’antiracisme que de l’institution théâtrale elle-même.

  • Habilitation à diriger des recherches - Sophie Jehel
  • Sophie Jehel a soutenu le 12 janvier 2021 son habilitation à diriger des recherches à l’Université Paris 2 - Panthéon-Assas, devant un jury composé de : 

    • Remy Rieffel, Professeur en sciences de l’information et de la communication, Université Paris 2 Panthéon-Assas, CARISM (garant)
    • Marlène Coulomb-Gully, Professeure en sciences de l’information et de la communication, Université Toulouse 2 Jean Jaurès, LERASS (présidente du jury) 
    • Philippe Bouquillion, Professeur en sciences de l’information et de la communication, Université Paris13-Sorbonne Paris Cité, LABSIC (rapporteur)
    • Cécile Méadel, Professeure des universités, IFP, Université Paris 2 Panthéon-Assas, CARISM (rapporteure)
    • Serge Proulx, Professeur émérite, sociologue, École des médias de l’UQAM, Université du Québec à Montréal, LabCMO (rapporteur) 
    • Alexandra Saemmer, Professeure en sciences de l’information et de la communication, Université Paris 8 Saint-Denis, CEMTI (examinatrice). 

    Le dossier constitué en vue de l’HDR est composé de trois volumes :

     

    • VOLUME 1 – PARCOURS DE RECHERCHE (97 pages)

    Politiques émotionnelles des médias, pratiques numériques des jeunes. Enjeux de régulation et d’éducation.

    • VOLUME 2 – MÉMOIRE DE RECHERCHE (459 pages)

    Plateformes numériques et politiques émotionnelles. La place des adolescents dans l’économie numérique affective.

    • VOLUME 3 – RECUEIL DES PRINCIPAUX TRAVAUX RECENTS (208 pages)

    11 articles et chapitres d’ouvrages publiés depuis 2015.

    Résumé du mémoire de recherche :

    L’objet de cet ouvrage est d’interroger la nature, le contexte et les conséquences du travail émotionnel des adolescents au regard du fonctionnement des plateformes numériques, de leurs politiques émotionnelles et des formes de régulation publique de l’internet. Il s’appuie notamment sur une recherche (2015-2017) qui a porté sur la confrontation des adolescents à des images violentes, sexuelles et haineuses (VSH) sur Internet, le plus souvent sur leurs comptes personnels de réseaux socionumériques (Facebook, Snapchat, Twitter, Instagram) ou sur des chaînes de YouTube (Jehel, 2017). Cette enquête qualitative sur les usages sociaux du numérique procédant par entretiens collectifs et individuels et ateliers auprès de 190 adolescents de 15 à 18 ans, de parents, d’éducateurs et d’enseignants a mis à jour l’intensité et la complexité du « travail émotionnel » suscité par la rencontre d’images, que les adolescents qualifient eux-mêmes de violentes, sexuelles ou haineuses, dans des dispositifs numériques qui incitent à leur partage et à leur commentaire. A partir de la définition donnée par Arlie R. Hochschild (2017), le concept de « travail émotionnel » est ici défini comme le contrôle de leurs réactions effectué par les internautes, plus ou moins consciemment, face à des images, des vidéos, des messages, qui suscitent des mouvements intérieurs forts pour construire des postures en phase avec les règles de sentiment de leurs interlocuteurs. Il ne peut être compris par la seule analyse des interactions sur les plateformes en ligne. L’appréhension des enjeux spécifiques de ce travail dans le processus adolescent a pu être consolidée grâce à la collaboration avec des psychologues cliniciens (Jehel et Gozlan, 2019). 

    La réception des images VSH par les adolescents est ici replacée dans une double perspective économique et sociale : celle du fonctionnement informationnel et participatif des plateformes en ligne et celle de la dynamique de « pacification des mœurs » mise à jour par Norbert Elias (1973,1975), complétée par le mouvement de leur « informalisation » (Cas Wouters, 2007), c’est-à-dire de relâchement des normes favorisant un décontrôle des comportements, non sans un contrôle de ce décontrôle. Ce processus d’informalisation a permis la banalisation des expériences de partage et d’exposition des émotions sur laquelle repose le développement des plateformes numériques. Mais dans l’hypothèse éliassienne, l’Etat joue un rôle majeur en assurant le contrôle des violences, qui favorise par un système d’autocontraintes l’intériorisation des normes de pudeur et de refoulement de la violence par les individus. Dans le contexte numérique, ce schéma interroge les modalités de régulation des violences et des pudeurs par les plateformes commerciales nord-américaines et la faiblesse de la régulation publique européenne.

     

    Dans la première partie de cet ouvrage, c’est la place des internautes face à la puissance économique des GAFAM qui est interrogée : usagers de ces plateformes débordés émotionnellement par leur puissance, économique et euphorisante, ils font partie des petites mains dont la participation s’avère décisive pour la production de valeur. Le dispositif computationnel permet aux plateformes de déployer des stratégies attentionnelles et affectives qui s’inspirent de celles des industries culturelles mais qui viennent d’une façon inédite cibler les individus dans leur singularité et leur environnement de proximité. Ces évolutions nécessitent de transformer les outils de l’analyse scientifique. Le déploiement de stratégies affectives des plateformes est en phase avec la transformation des théories économiques sous l’influence de la neurologie et de la psychologie comportementale. Elles visent la fragmentation des émotions prescrite par la neuro-économie pour mieux les calculer et leur font subir une épreuve de dépersonnalisation de même nature que celle que subissent les données personnelles, comme l’a mis en évidence Antoinette Rouvroy (2014). L’enjeu épistémologique pour les SIC est de pouvoir donner une compréhension globale de ces stratégies à partir des dynamiques de la participation et de l’infomédiation.

    La seconde partie est consacrée à la place décisive qu’occupent les adolescents dans l’économie numérique. Elle vient révéler la position prépondérante et ambiguë des jeunes dans les sociétés contemporaines, mais aussi dans l’économie capitaliste. Elle est restée jusqu’à présent peu visible dans les théories économiques et plutôt marginalisée dans les études en SIC comme en sociologie. Etant donné le fonctionnement « affectif » des GAFAM et leur polarisation sur les pratiques adolescentes, les usages adolescents constituent un champ de recherche de tout premier intérêt pour l’étude de l’économie numérique. Les adolescents sont appelés en éclaireurs sur le front des innovations numériques, ciblés prioritairement par le capitalisme affectif. Les GAFAM leur procurent des espaces infinis pour la réalisation de leur droit à une expression publique et à une vie sociale élargie, mais les exposent aussi à des risques inédits, liés notamment à la diffusion mais aussi au partage d’images violentes, sexuelles, ou haineuses. L’ouvrage propose notamment une synthèse des nombreuses recherches internationales déployées pour mieux en comprendre l’ampleur. 

    La troisième partie approfondit l’étude de la réception des images VSH par les adolescents (Jehel, 2017). Elle s’inscrit dans une approche par les risques mais aussi par les habiletés face à ces images. Selon les milieux sociaux, culturels et les vulnérabilités psychiques, les stratégies et les capacités de distanciation critique mises en œuvre par les adolescents sont très différenciées, ce qui apparait peu dans les recherches internationales. Une typologie distinguant quatre régimes de réception est proposée, distribuée selon deux axes. Le premier oppose des attitudes de décontrôle et de lâcher prise, à des formes de contrôle du décontrôle et donc de résistance à l’injonction à la participation. Le second axe oppose des stratégies de confrontation directe voire d’immersion dans les contenus VSH, à des stratégies d’esquive. A partir de ces deux axes, quatre régimes sont distingués : adhésion, indifférence, évitement et autonomie, qui peuvent aussi s’hybrider. Selon les contextes, l’autonomie est favorisée par une habileté dans l’écrit, par des médiations parentales attentives et dialoguées, par la transmission de valeurs de solidarité et d’empathie. Les plus vulnérables, déjà éprouvés par des difficultés sociales, familiales et scolaires, sont aussi ceux qui développent plus souvent des stratégies d’adhésion à ces images fortes émotionnellement et ceux à qui les algorithmes des plateformes en proposent encore davantage. Certains adolescents, filles plus souvent mais aussi garçons, développent des attitudes rigoristes en matière de pudeur sexuelle, qui se trouvent paradoxalement renforcées par le climat hypersexualisé des plateformes. Tout en tenant compte des circonstances sociales, culturelles, religieuses et géopolitiques extérieures aux plateformes, un lien apparait entre des stratégies d’adhésion aux images violentes mais d’évitement des images sexuelles et des formes de radicalisation cognitive, centrées notamment sur le contrôle strict voire violent de la sexualité des femmes ; que certaines et certains peuvent développer dans leurs interprétations de ces images. 

    La quatrième partie est consacrée à la régulation des images violentes sur les plateformes numériques, devenue un problème central des politiques publiques numériques, après des années de dérégulation. Ces politiques sont focalisées notamment dans la lutte contre les discours de haine et discriminatoires, la désinformation, l’apologie du terrorisme et la pédopornographie. Devant les caractéristiques nouvelles des espaces publics numériques, les pouvoirs publics ont longtemps hésité pour le choix des modalités de contrôle. Les politiques émotionnelles des plateformes numériques ont en effet affecté en retour les modalités de la régulation publique. Progressivement s’est mis en place une forme de « plateformisation de l’Etat », abordée dans le mémoire par une enquête auprès de 7 institutions engagées dans la lutte contre les discours de haine en ligne. Cette modalité place l’Etat en infériorité technique et juridique face aux plateformes « structurantes ». Face aux difficultés de la régulation, les pouvoirs publics se sont tournés aussi vers l’éducation aux médias et à l’information. Etant donné la complexité du travail émotionnel demandé aux internautes dès leur plus jeune âge, qui suppose une distanciation critique dans un univers commandé par les logiques affectives de captation de l’attention, l’éducation aux médias est devenue un objectif incontournable des sociétés contemporaines. Mais pour répondre aux enjeux émotionnels des interactions numériques, elle demande des compétences et des espaces de réflexivité qui représentent un défi pour une institution qui peine en France à généraliser un enseignement aux médias et à l’information, elle sollicite pour y parvenir d’autres acteurs de la société civile, associations d’éducation et journalistes, notamment.

  • JE - Les corps en scène à l’ère des réseaux socionumérique
  • La journée se construira autour de quatre tables rondes.

    9h30 : Introduction : Fardin Mortazavi

    9h45-11h : Corps humains, corps robots en scène

    Modération, Sophie Jehel

    • Mathilde Gentil, metteure en scène, GOSH Cie, « Interactions : Entre jeu(x) théâtral et vidéo », en discussion avec Gabrielle Godin.
    • Geneviève Vidal, chercheure en Sciences de l’information et de la communication, LabSic, Université Paris13-USPN et Christian Papilloud, sociologue, chercheur à l’Institut de Sociologie, Martin-Luther Universität de Halle-Wittenberg, « Des arts numériques aux arts de la scène en prise avec le numérique ».
    • Ervina Kotolloshi, docteure en art du spectacle et études théatrales, « Vers l’émiettement du corps, la parcellarisation et la fabrication de la présence

    11h15-12h30 – Le contrôle des corps par les autorités numériques

    Modération, Colette Aguerre

    • Fabienne Martin-Juchat, Professeure, Université de Grenoble-Alpes, « Chronique anthropologique d’une révolte du corps vivant face au corps normé du numérique ».
    • Laurent Chomel, doctorant CEMTI, « Le corps, cet esprit acteur. A partir d’une lecture d’Antonio Damasio ».
    • Adrien Pequignot, doctorant EUR ArTeC-CEMTI, « Les métriques comme mesure de toute chose ? » Expérimentations du plugin Facebook Demetricator (Ben Grosser).

    Pause déjeuner : 12h30-14h

    14h-15h15 : Ce que le « confinement numérique » fait vivre au théâtre

    Modération, Maxime Cervulle

    • Marion Siéfert, autrice, metteuse en scène, « _jeanne_dark ».
    • Florence Minder, autrice, metteure en scène, comédienne, « Faire quelque chose (C’est le faire, non ?) », en discussion avec Sophie Jehel et Julie Peghini.
    • Alexandra Saemmer, ; autrice en littérature numérique, « Des nouvelles de la colonie, les corps confinés ».
    • Sébastien Appiotti, Chercheur CEMTI, « Médiation(s) et mise en exposition du (dé)confinement. Retours sur un projet pédagogique participatif Mucem – Université d’Avignon ».

    15h30-17h : médiations artistiques au numérique,

    Modération, Yassaman Khadjehi

    • Fardin Mortazavi, artiste-doctorant ArTeC-CEMTI « CyberOmbre : Médiation critique au numérique avec les enfants et adolescents par le théâtre ».
    • Julien Daillère, artiste-chercheur, « Alternative au numérique grâce l’audio du téléphone : téléperformances et Serveur Vocal Humain ».
    • Gilles Vernet – Instituteur, auteur, réalisateur et conférencier, « Le déni corporel et affectif de l’enfant face au numérique, un impensé de l’enseignement qui trouve sa remédiation dans la respiration et l’expression artistique ».
    • Patrick Treguer, responsable du Lieu multiple (pôle de création numérique) de l’Espace Mendès France (Poitiers), « Du numérique aux “arts et sciences” : quelle redéfinition de la médiation et de l’espace artistique ? ».

    Conclusion : Sophie Jehel

    Note introductive :

    « L’église dit : Le corps est une faute.

    La science dit : Le corps est une machine.

    La publicité dit : Le corps est une entreprise.

    Le corps dit : je suis la fête. »

    Eduardo Galeano – écrivain, journaliste – Uruguay.

    Ces journées d’étude se situent dans le prolongement des journées organisées l’an dernier « Figurer nos liaisons numériques par les arts » (voir leur présentation sur le site www.cyberombre.org ).

    Nous souhaitons cette année nous focaliser sur ce que les auteur.es de théâtre et leurs œuvres peuvent nous dire des rapports des corps de l’utilisateur ou de l’utilisatrice, des représentations des corps humains avec les plateformes numériques, mais aussi des corps des algorithmes – en tant que matérialité et représentation de leur fonctionnement. Les réseaux socionumériques (RSN) procurent aux organes de l’homme un sensorium augmenté et ainsi de nouvelles possibilités au niveau de l’apparence corporelle, du langage et de la socialité. Cette « augmentation » se trouve en tension permanente avec la « réduction » de la plasticité de notre sensibilité et de la complexité de nos rapports aux êtres et aux choses qu’impose la technologie computationnelle. A cette contrainte s’ajoutent celles liées aux visées commerciales des industries numériques et des outils du « web affectif » qui cherchent à capter les attentions, exacerber l’impulsivité et canaliser l’expression des émotions des utilisateurs et des utilisatrices.

    Les communications visuelles stimulées par des plateformes comme Instagram, Facebook, Tiktok, se nourrissent de représentations scénarisées des corps, qui font l’objet d’expositions, de compétitions, de revendications. Elles ont investi en retour les imaginaires et productions scéniques des dramaturges. Les politiques publiques culturelles redoublent l’injonction à une « inclusion numérique » sur les scènes des théâtres. Cela pourrait constituer une opportunité pour interroger l’hyperprésence du numérique dans nos vies intimes, aggravée sensiblement par la diminution de nos mobilités en période de crise sanitaire.

    Ces journées d’étude seront consacrées à la complexité du monde contemporain dans lequel nos corps vivent en tension permanente, sous des formes médiales et immédiales, entre une réalité physique (lente, matérielle, bruyante, incertaine et complexe) et une réalité numérique (rapide, immatérielle, silencieuse, « sûre » et synthétique). Par l’analyse fine de cette complexité des usages, notre ambition serait de dégager des approches favorisant le développement d’une pensée critique vis-à-vis d’un dispositif Numérique hégémonique, et d’ouvrir l’imaginaire à « des » Numériques et des designs possibles. Pour cela, nous explorerons les expériences esthétiques scéniques proposées par des artistes pour éclairer les multiples formes de la corporéité aux prises avec les réseaux socionumériques et les différents procédés artistiques pour parvenir à une médiation au numérique : réflexivité critique, autonomie et réappropriation des cultures matérielles.

    Coordination

    Par Fardin Mortazavi, artiste-doctorant, Univ. Paris 8 Cemti, ING de recherche Eur-ArTeC, sous la direction de Sophie Jehel, MCF HDR Univ. Paris 8, Cemti. Dans le cadre du projet ArTeC « CyberOmbre : Le théâtre dans la caverne du numérique »

    Comité d’organisation

    • Maxime Cervulle, MCF HDR Univ. Paris 8, Cemti
    • Alexandra Saemmer, Pr Univ. Paris 8, Cemti
    • Julie Peghini, MCF Univ. Paris 8, Cemti, EUR ArTeC
    • Yassaman Khadjehi, MCF, Etudes théâtrales, Métiers de la culture, Univ. de Clermont
    • Adrien Pequignot, doctorant Univ. Paris 8, Cemti – Eur ArTeC
    • Sébastien Appiotti, docteur, enseignant-chercheur Univ. Avignon, Cemti
    • Gabrielle Godin, doctorante Univ. Paris 8, ED CLI, Laboratoire Paragraphe

    Partenaires

    • Tiphaine Karsenti, Pr, HAR, Univ. Paris Nanterre
    • Colette Aguerre, MCF, MCU-HDR en psychopathologie clinique, EE 1901 Laboratoire QualiPsy, Tours
  • Séminaire : "Fight The Power ? Musiques hip-hop et rapports sociaux de pouvoir", saison 2 reloaded
  • Séminaire coordonné par Emmanuelle Carinos (CRESPPA-GTM), Keivan Djavadzadeh (CEMTI), Karim Hammou (CRESPPA-CSU) et Emily Shuman (NYU).

    Ce séminaire de recherche interroge les rapports de pouvoir dans les musiques hip-hop sous les angles esthétique, politique et professionnel. Il y est aussi bien question des rapports de pouvoir qui configurent l’industrie musicale et les trajectoires des artistes et personnels de renfort des musiques hip-hop que des contestations sociales portées dans et hors des mondes du hip-hop.

    Calendrier

    Le séminaire se déroulera en visioconférence. Il est ouvert à toutes et tous sur inscription par email (fight-the-power@sciencesconf.org).
     

    Séance n°1, vendredi 26 février 2021, 14h-16h30

    La violence comme ressource esthétique

    Présentation d’Emmanuelle Carinos, doctorante au Cresppa. Discutant : Anthony Pecqueux, chargé de recherche au Centre Max Weber

    Séance n°2, 19 mars 2021, 14h-16h30

    Hot, Cool & Vicious. Genre, race et sexualité dans le rap états-unien (Ed. Amsterdam)

    Présentation de l’ouvrage par Keivan Djavadzadeh, maître de conférences à l’Université Paris 8 (Cemti). Discutantes : Claire Blandin, professeure des Universités (Paris 13) et Emmanuelle Carinos, doctorante au Cresppa

    Séance n°3, vendredi 16 avril 2021, 14h-16h30

    Le rap français, un genre en voie de légitimation ?

    Présentation de Marie Sonnette, maîtresse de conférences à l’Université d’Angers. Discutante : Julie Vaslin, post-doctorante au CERAPS (Lille)

    Séance n°4, mai 2021 (horaire à préciser)

    Explorations et négociations d’un terrain à Los Angeles

    Présentation de Samuel Lamontagne, doctorant à UCLA. Discutant : David Diallo, maitre de conférences à l’Université de Bordeaux (« Montaigne »)

    Séance n°5, juin 2021

    La Bête : Casey, Hip Hop, and Sister Outsiders in France.

    Conférence d’Edwin Hill, professeur à l’University of Southern California

    Plus d’informations sur : https://fight-the-power.sciencesconf.org/

  • SÉMINAIRE DOCTORAL : Le visible et l’invisible sur les plateformes
  • L’objectif sera de mettre en lumière les choix (technologiques, économiques, communicationnels) qui expliquent ces différents régimes de visibilité, en les abordant depuis différentes perspectives disciplinaires. Plusieurs sujets seront abordés : la modération des contenus en ligne, les discriminations algorithmiques, l’exploitation des émotions, l’invisibilisation du digital labour, le coût écologique caché du numérique, l’intelligence artificielle. Chaque séance accueillera deux intervenants et laissera une place importante aux échanges avec le public.

    Les séances auront lieu le vendredi entre 9h00 et 12h00, en ligne pour les trois premières, puis à l’Université Paris 8 si le contexte sanitaire le permet. Le séminaire est ouvert à toutes et à tous sur inscription à l’adresse suivante : https://framaforms.org/inscription-au-seminaire-le-visible-et-linvisible-sur-les- plateformes-1616505737. Un lien de connexion sera envoyé la veille de chaque séance.

    PROGRAMME

    Vendredi 16 avril 2021, 9h-12h. Modération et liberté d’expression (séance en ligne). Modération : Sébastien Broca et Sophie Jehel (Cemti, Université Paris 8)

    Romain Badouard (CARISM, Université Paris 2), « Modérer la parole sur les réseauxsociaux : politiques des plateformes et régulation des contenus »

    Lucile Petit (CSA), « Lutte contre la désinformation et la haine en ligne : quelle place et quels moyens pour le régulateur ? »

    Vendredi 7 mai 2021, 9h-12h. Discriminations et algorithmes (séance en ligne). Modération : Keivan Djavadzadeh (Cemti, Université Paris 8)

    Marc Jahjah (LS2N, Université de Nantes), « La discrimination raciale dans les dispositifs numériques de rencontres entre hommes géolocalisés (Grindr) »

    Sophie Sereno (Centre de droit social, Aix-Marseille Université), « Algorithmes : un risque (im)prévisible de discrimination ? »

    Vendredi 21 mai 2021, 9h-12h. Les transformations du travail (séance en ligne). Modération : Carlo Vercellone (Cemti, Université Paris 8)

    Antonio Casilli (Télécom Paris/EHESS), « Par-delà le télétravail : plateformisation et digital labor à l’heure du Covid-19 »

    Tiphaine Carton (Cemti, Université Paris 8), « Modélisations du travail et des économies documentaires des enseignants sur la plateforme webpédago.com : analyse croisée des représentations des concepteurs et d’utilisateurs »

    Vendredi 28 mai 2021, 9h-12h. Plateformes et émotions. Modération : Aurélie Aubert (Cemti, Université Paris 8)

    Sophie Jehel (Cemti, Université Paris 8), « Dans l’ombre des politiques affectives des plateformes en ligne, le travail émotionnel des usagers »

    Adrien Péquignot (Cemti, Université Paris 8), « La grammatisation des émotions dans les applications pour smartphone : le cas du chatbot Replika »

    Vendredi 4 juin 2021, 9h-12h. Numérique et environnement. Modération : Marie Chagnoux (Cemti, Université Paris 8)

    Clément Marquet (Costech, IFRIS), « Rendre visible les data centers à Plaine Commune : promotions et contestations des infrastructures du numérique »

    Gauthier Roussilhe (Ethics for Design), « Clair-obscur : enjeux du calcul des impacts environnementaux du numérique »

    Vendredi 18 juin 2021, 9h-12h. Gouvernementalité algorithmique et libertés fondamentales. Modération : Sébastien Broca et Sophie Jehel (Cemti, Université Paris 8)

    Marie Alauzen (CSO, Mines Paris Tech), « Que fait l’État lorsqu’il prend Facebook pour modèle de ses transformations numériques ? Le cas de l’application FranceConnect »

    Nédra Mellouli (LIASD, Université Paris 8), « Le biais de l’invisible et l’invisible du biais dans l’apprentissage machine  »

     

     

  • SÉMINAIRE : Promouvoir la diversité dans les industries culturelles et médiatiques : acteurs, enjeux, pratiques
  • L’émergence de la « diversité » comme catégorie de l’action publique dans les secteurs médiatiques et culturels au début des années 2000 a conduit à renouveler la réflexion sur la mesure des inégalités de représentation (Malonga, 2000 ; Macé, 2008) et sur les hiérarchies implicites qu’elles impliquent (Quemener, 2014 ; Espineira, 2014 ; Lécossais, 2014). Elle a nourri l’intérêt pour le rôle que jouent les médias dans la formation des imaginaires et des groupes sociaux (Rigoni, 2007 ; Nayrac, 2011 ; Dalibert, 2020). Faisant un pas de côté par rapport à la question des enjeux de représentation, d’autres travaux ont interrogé les conceptions sous-jacentes de la communication que véhiculait l’incitation à la « diversité » (Seurrat, 2010 ; Goshn, 2015), ils ont contextualisé les politiques publiques françaises au regard d’autres contextes nationaux (Rebillard et Loicq, 2013 ; Mattelart et Hargreaves, 2014) ou ils ont identifié, côté réception, les effets que peut avoir sur les publics un accroissement de la diversité dans les contenus médiatiques (Cervulle, 2013).

    Plus rares ont été les travaux à s’intéresser aux transformations des pratiques professionnelles liées, dans les industries culturelles et médiatiques, au développement de l’action ministérielle et de l’exigence d’une fraction des publics vis-à-vis de cet enjeu. On peut pourtant se demander, plus de quinze ans après la mise en œuvre de politiques publiques visant à promouvoir la diversité, de quelles manières les acteurs des industries médiatiques et culturelles se sont emparés des dispositifs mis en place, aussi bien qu’interroger les résistances potentielles à leur application. La « politique de diversité », essentiellement incitative, a-t-elle trouvé une traduction concrète dans les pratiques de production de ces secteurs ? Le baromètre de la diversité du CSA a-t-il par exemple contribué à renforcer l’attention des producteurs et des chaînes à ces enjeux ? Bien que le champ de la sociologie de la diversité et des discriminations ait traité ces questions à propos du monde de l’entreprise ou de l’action publique territoriale (Doytcheva, 2009 ; Lemercier et Palomares, 2013 ; Bereni, Epstein et Torres, 2020), donnant à voir les résistances au changement autant que des usages managériaux et instrumentalisés de la « diversité », celles-ci ont fait l’objet d’une attention moindre s’agissant des médias et de la culture.

    En interrogeant non tant la « rhétorique de la diversité » (Bereni, 2009) que les pratiques concrètes au travers desquelles celle-ci trouve ou non à se manifester, ce séminaire entend dresser un état des lieux des objectifs et effets des politiques publiques visant à accroître la représentation des minorités ethnoraciales et à lutter contre les discriminations dans les industries culturelles et médiatiques. Il vise aussi à interroger les formes et modalités que revêt l’engagement pour la diversité depuis les espaces professionnels. Les interventions porteront ainsi sur les dispositifs en place et sur leurs leviers d’action privilégiés tout autant que sur les pratiques des acteurs impliqués. Il s’agit enfin, en soulignant les dynamiques propres à leurs différents secteurs (notamment l’audiovisuel, le cinéma, le jeu vidéo et le journalisme) de rendre compte du caractère hétérogène de la « politique de diversité » et d’en évaluer les implications.

    Séminaire organisé par Maxime Cervulle et Sarah Lécossais.

    Programme

    Vendredi 2 avril 2021, 14h-16h
    Marion Dalibert (Université de Lille, GERiiCO)
    La promotion de la « diversité » et d’un journalisme respectable ? Réflexions sur le métarécit médiatique républicain

    Vendredi 9 avril 2021, 14h-16h
    Evelia Mayenga (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, CESSP)
    Opportunités, transformations et résistances. Les appropriations pratiques de la commission Images de la diversité

    Vendredi 16 avril 2021, 14h-16h
    Aude Seurrat (Université Sorbonne Paris Nord, LabSIC) Développer une distance critique sur « la diversité » avec les managers : le cas des ajustements d’un écrit de commande

    Vendredi 30 avril 2021, 14h-16h
    Jérôme David (Université Paris 2 - Panthéon-Assas, Carism) Le discours post-racial de la chaîne ABC

    Vendredi 7 mai, 14h – 16h
    Mehdi Derfoufi (Université Paris 8, LEGS)
    Gaming for social change  : jeu vidéo et diversité (à la française)

  • Colloque Utopies performatives
  • Le programme : https://www.citedesartsparis.net/media/cia/183726-dossier_de_presse_utopies_performatives-4.pdf

    En Afrique et dans les diasporas se dessine depuis les années 1980 un paysage performatif fort. Celui-ci est articulé d’une part à une critique cinglante des effets mortifères du capitalisme, tant sur la longue durée que dans son acception présente et, d’autre part, à l’élaboration d’alternatives possibles, arrimées à l’espoir de futurs moins violemment scindés. Utopies performatives a pour principale focale le déploiement de la performance en Afrique et dans les diasporas à des fins de transgression. Il s’agit, dans le sillage d’artistes contemporains, de réfléchir aux intersections entre actes performatifs et contestation politique. Construite autour de performances, de conférences performées et de projections de films d’artistes performeur.e.s, ainsi que d’interventions de chercheur.e.s et de dialogues artistes/chercheur.e.s, ces trois jours seront centrés sur deux grandes thématiques :

    • Faire performance pour faire politique : politiques du capitalocène, politiques du corps en lutte.

    • Contre le mythe de la performance autodidacte : courants, transmissions, filiations.

    Avec les artistes* : Laetitita Ajanohun, M’barka Amor, Aurélien Arnoux, Jelili Atiku, Sammy Baloji, Jean-Pierre Bekolo, Aurore Déon, Julie Djikey, Vhan Olsen Dombo, Fabiana Ex-Souza, Justine Gaga, Amin Gulgee, Dunja Herzog, Androa Mindre Kolo, Kongo Astronauts, Gosette Lubondo, Lamyne M, Nelson Makengo, Maurice Mbikayi, Precy Numbi, Jay Pather, Alain Polo, Yasmina Reggad, Dread Scott, Zora Snake, Hervé Yamguen, Nelisiwe Xaba. Et les intervenants* : Sara Alónso Gomez, Lotte Arndt, Catherine Cole, Filip De Boeck, Marinette Jeannerod, Dominique Malaquais, Cléophée Moser, Valérie Osouf, Julie Peghini, Natasa Petresin-Bachelez, Malika Rahal, Joseph Tonda.

    *sous réserve. Cet événement s’inscrit dans le cadre de la saison Africa 2020. 

  • Colloque Future of work
  • LIEU(X) Maison de la Recherche de Sorbonne Université 
     28 rue Serpente, 75006 Paris

    Inscription obligatoire :

    https://framaforms.org/inscription-au-colloque-future-of-work-paris-25-et-26-novembre-2021-1632408004

    Venant après l’examen d’un corpus substantiel de discours sur « l’avenir du travail » dans le cadre d’un séminaire fermé, et dont une synthèse sera présentée en introduction, ce colloque international mettra en débat les recherches pluridisciplinaires qui analysent les discours sur « l’avenir du travail », ainsi que les pratiques sociales qui revendiquent de l’anticiper, l’expérimenter ou de le façonner.

    Ce débat partira de l’hypothèse posée par la conférencière invitée, Ursula Huws, selon laquelle comprendre l’avenir du travail suppose d’abord de se garder des tentations utopiques et dystopiques pour s’attacher à analyser les mécanismes qui font que le travail change. Opérer une telle mise à distance implique notamment d’examiner comment les discours et pratiques utopiques prennent en compte la question du travail. Il convient ensuite d’analyser le rapport dialectique entre le changement et les discours sur le changement dans différents contextes organisationnels, et de voir comment le débat sur les questions clés de l’avenir des statuts et des rémunérations se déploie dans le débat public, un débat informé par les critiques du travail tel qu’il est aujourd’hui.

    L’analyse des effets de la plateformisation d’une profession, en l’occurrence l’enseignement, permettra à chacune et chacun de s’interroger sur les avenirs possibles de son travail. Enfin seront abordés les enjeux de reconfiguration des territoires du travail à l’ère du numérique et les discours qui y sont associés.

    PROGRAMME 

    Jeudi 25 novembre

    • 09:00 Accueil
    • 09:30 – 09:45 Ouverture du colloque par Pascal Aquien, Vice-doyen recherche de la Faculté des Lettres de Sorbonne Université, Louise Dalingwater, directrice d’HDEA
    • 09:45 – 10:10 Introduction : Sébastien Broca (Université Paris 8, CÉMTI)
    • 10:10 – 11:15 Conférencière invitée : Ursula Huws (Analytica Social and Economic Research Ltd, London) : “The future of work : neither Utopias nor Dystopias but new fields of accumulation and struggle”
    • 11:30 – 13:00 Séance 1 : Utopies et travail
    • 14:30 – 16:30 Séance 2 : Contextes organisationnels et représentations
    • 16:45 – 18:15 Séance 3 : Statuts et salaires

    Vendredi 26 novembre

    • 09:00 AccueiL
    • 09:30 – 11:00 Séance 4 : Le travail aujourd’hui et ses critiques
    • 11:15 - 12:45 Séance 5 : La plateformisation d’une profession : l’enseignement
    • 14:30 – 16:00 Séance 6 : Les territoires du travail numérique
    • 16:15 - 17:15 : Débat de clôture et d’ouverture
      • Présidence : Marie-Anne Dujarier (Université de Paris, LCSP)
      • ORGANISATION

        • Donna Kesselman, Professeur de civilisation américaine de la faculté LLSH à l’université Paris-Est Créteil et membre d’IMAGER
        • Corinne Nativel,  Maîtresse de conférences à la faculté LLSH à l’université Paris-Est Créteil et membre d’IMAGER
        • Jean-Claude Barbier, Directeur de recherche émérite, Université Panthéon-Sorbonne
        • Sébastien Broca, Maître de conférences, Université Paris 8
        • Marie-Anne Dujarier, Professeure des universités, Université de Paris
        • Olivier Frayssé, Professeur de civilisation américaine émérite, Université Paris Sorbonne
  • JE - Applications religieuses et spirituelles
  • Adresse
    IUT de Tours – site Jean Luthier - Amphithéâtre Berger
    29 Rue du pont volant, 37100 Tours

    La journée d’études sera retransmise en direct au lien suivant :
    https://bit.ly/JEAppSpi

    Depuis une dizaine d’années, les applications mobiles se sont largement immiscées dans la sphère personnelle. Téléchargées sur des appareils qui accompagnent les usagers partout, elles font désormais partie intégrante de la vie des utilisateurs de smartphones. Suivant cette évolution, les offres religieuses et « spirituelles » se sont rapidement converties au marché des applications. Diverses formes de spiritualités et de religion ont procédé à leur transposition sur support applicatif, qui ont rencontré de nombreux utilisateurs.
    Les plateformes de téléchargement comme l’App Store ou le Play Store regorgent désormais d’applications ayant pour but d’accompagner des pratiques spirituelles, comme Petit BamBou, Mind, Headspace… Avec Muslim Pro, Hisii, Qibla, Salat, Top Chrétien, Click to Pray, Retraite dans la ville, Hallow, YouPray ou encore Smart Siddur, @TheKotel ou Sefaria, il est désormais possible de pratiquer toutes sortes de rites sur portable.
    Si les religions monothéistes sont les plus représentées dans ce domaine, avec un univers applicatif comptant plusieurs centaines de propositions, de nombreuses traditions religieuses disposent également d’applications destinées à leurs fidèles. Au-delà du religieux, chaque pratique spirituelle a trouvé dans les applications une possibilité d’expansion et de reconfiguration de ses contenus habituels. Il existe ainsi désormais des applications de méditation en pleine conscience, de cartomancie, de chamanisme, d’astrologie, de magie, de chiromancie, etc.
    Nous proposons d’explorer certaines problématiques communes aux applications religieuses et spirituelles – au sens d’un ensemble de croyances, de discours, d’affects, d’exercices et de pratiques visant à façonner l’esprit – dans leur diversité, à la fois selon une analyse socio-sémiotique et socio-économique. Dans ce cadre, nous nous intéresserons tout particulièrement au design des interfaces numériques et à la modélisation de celles-ci, en abordant cette question par le prisme des fonctionnalités partagées par cette famille d’applications.
    Cette journée d’études sera l’occasion d’aborder l’articulation fine des « grammaires de production » (Eliséo Véron) de ces applications et des stratégies de communication qui s’y trouvent encodées. Chaque intervenant mettra en lumière une fonctionnalité, apparente ou sous-jacente, de l’application de son choix appartenant au champ religieux ou spirituel. Il sera ainsi question de géolocalisation, de tracking des données, de gamification… Il s’agira de montrer comment ces fonctionnalités se déclinent différemment en fonction d’impératifs propres à chacune des religions et pratiques.
    Par exemple, si l’on considère l’aspect communautaire, il s’organise différemment selon que l’on se trouve dans une application musulmane ou de méditation. Sur Muslim Pro, il prend la forme d’un onglet qui permet aux utilisateurs d’avoir accès aux « prières » des autres membres de la communauté mais aussi de formuler des demandes de prières.
    Dans un autre cadre, sur l’application de méditation InsightTimer, l’élaboration du sentiment de communauté se concrétise sous la forme d’une carte mondiale des personnes en train de méditer en même temps, chaque point scintillant sur la carte étant la représentation d’une personne utilisant l’application en temps réel. Ainsi, des termes, des fonctions ou des signes similaires peuvent être employés de façons multiples par les concepteurs selon la confession ou la pratique spirituelle dans laquelle ils s’inscrivent et être exploités dans une grande variété de fonctionnalités.

    Programme

    Thématique 1 : Performance, tracking et usages des données
    Modératrice : Alexandra Saemmer
    9h30 : Andrea Catellani, Prie en chemin entre support de l’oraison et socialisation
    10h15 : Ghizlane Benjamaa, Modélisations de pratiques religieuses et mise au service des pratiques dans Muslim Pro
    11h00 : Colas Zibaut, L’évaluation de la « performance spirituelle », comment atteindre le niveau 100 en méditation grâce aux applications ?
    11h45 : Table ronde avec les concepteurs d’applications

    Thématique 2 : Communautés religieuses et applications
    Modérateur : David Douyère
    13h45 : Sarah Rakotoary, Quand le dispositif technique socialise : pratiques infocommunicationnelles de la diaspora malgache autour d’une application religieuse.
    14h30 : Isabelle Jonveaux, Quelles applications pour quelles utilisations ? La religion vécue des catholiques sur smartphone (en visio-conférence)

    Thématique 3 : Ésotérisme, astrologie & magie
    Modérateur : Gustavo Gomez-Mejia
    15h30 : Leona Nikolic, Le soi, le smartphone et les étoiles dans les apps
    16h15 : Lionel Obadia, Magies des applis, applis magiques : des technologies à méditer !

    Comité d’organisation
    Ghizlane Benjamaa
    Doctorante en sciences de l’information et de la communication
    benjamaa.ghizlane@gmail.com
    Cemti, Université Paris 8 | Vincennes - Saint-Denis
    Colas Zibaut
    Doctorant en sciences de l’information et de la communication
    colas.zibaut@etu.univ-tours.fr
    Prim, Université de Tours

     

  • Ouvrage : Francesco Brancaccio, Alfonso Giuliani, Carlo Vercellone, Le Commun comme mode de production
  • Francesco Brancaccio, Alfonso Giuliani, Carlo Vercellone
    Ouvrage : Le Commun comme mode de production
    Aux Editions de l’Eclat, 2021

    Jusqu’à a une époque récente, public et privé apparaissaient comme les deux pôles exclusifs de l’organisation économique et sociale et des formes de propriété. Tout se résumait à l’ancienne question de l’arbitrage entre ‘plus de marché‘ ou ‘plus d’État‘. Puis le commun et les biens communs ont fait à nouveau irruption dans l’espace public et ont remis en cause une donne qui semblait immuable. Pourtant la problématique du commun s’est développée à travers une pluralité d’approches théoriques et d’interprétations très différentes du rôle qu’il pourrait jouer dans un processus de transformation sociale. Dans cette perspective, cet ouvrage propose une thèse novatrice. Le commun n’est pas un simple tiers-intrus entre public et privé, ni un pur principe politique. Il doit être pensé comme un véritable “mode de production” susceptible de constituer une alternative à l’hégémonie de la logique de l’État comme à celle de l’économie capitaliste de marché.
    En mobilisant l’économie politique, le droit, l’histoire, la sociologie, la philosophie, les sciences de l’information et de la communication, les auteurs montrent que le commun contient ces potentialités, sans manquer d’analyser les faiblesses et les contradictions auxquelles se heurte son développement, jusque dans la nouvelle économie du net où s’amorcent un retour aux lois primitives en même temps que la possibilité d’un renversement de perspective.

  • JE - Plateformisation de l’audiovisuel et nouveaux usages – 9-10 décembre 2021
  • 9 et 10 décembre 2021 UNIVERSITÉ PARIS 8
    2 rue de la Liberté, 93200 Saint-Denis
    Maison de la recherche
    Amphi MR002 – 9 h 15 à 17 h

    Passe sanitaire obligatoire

    Jeudi 9 décembre 2021

    9h15 Présentation des journées
    9h30-12h30 ÉDITORIALISATION ET STRATÉGIES DE PROMOTION
    Modération : Marine Siguier (Université Paris 8, CEMTI)

    Les éditeurs de films de patrimoine au prisme de la VOD/SVOD :
    entre tensions et tentations
    Manuel Dupuy-Salle (Université Lyon 2, ELICO)
    et Laurie Schmitt (Université Grenoble Alpes, GRESEC)

    Formes et promotions de la culture par la télévision publique :
    vers des dispositifs télévisuels en ligne ?
    Lucie Alexis (Université Grenoble Alpes, GRESEC, chercheuse associée au CARISM et à l’INA)

    Je plateformise, tu plateformises, iel plateformise :
    la prolifération irrésistible d’un néologisme
    Vincent Bullich (Université Grenoble Alpes, GRESEC)

    14h-17h DESIGN D’INTERFACE ET RECOMMANDATION ALGORITHMIQUE
    Modération : Adrien Péquignot (Université Paris 8, CEMTI)

    « Vous avez aimé… nous vous recommandons… » :
    les algorithmes de recommandation
    Patrick Marcel (Université de Tours, LIFAT)

    La conception plurielle des dispositifs algorithmiques :
    le cas de l’activité taxinomique sur la plateforme Dailymotion
    Thomas Jaffeux (Université Paris 2, CARISM)

    Design d’interface et visualisation : le sens des données audiovisuelles
    Céline Ferjoux (Université Paris 2, CARISM)

    Vendredi 10 décembre 2021

    9h30-12h30 MUTATIONS SOCIO-ÉCONOMIQUES
    Modération : Marc Kaiser et Christophe Magis (Université Paris 8, CEMTI)

    Netflix, un GAFAM en trompe-l’oeil ?
    Fabrice Rochelandet (Université Sorbonne Nouvelle, IRCAV)

    Les chaînes historiques américaines face à Netflix :
    résistance économique et consolidation éditoriale
    Jérôme David (Université Paris 2, CARISM)

    Travail du profil, modes d’exploration et enjeux de découvrabilité dans la consommation audiovisuelle : enquête sur de jeunes abonné·e·s de Netflix
    Alix Bénistant (Université Sorbonne Paris Nord, LabSIC)
    et Sarah Labelle (Université Paul Valéry Montpellier 3, LERASS)

    14h-17h USAGES ET RÉCEPTION
    Modération : Erica Guevara (Université Paris 8, CEMTI)

    Netflix face au défi de la protection des publics : de l’accountability à l’Ethic washing
    Héloïse Boudon (Université de Lille et Paris 2, CARISM)

    L’expérience télévisuelle « en ligne » : les pratiques numériques des fans grecs des feuilletons télévisés turcs
    Dimitra Laurence Larochelle (Université Sorbonne Nouvelle, IRMECCEN)

    La domestication mutuelle entre les utilisateurs et
    les algorithmes de recommandation de Netflix
    Ignacio Siles (Universidad de Costa Rica)

    COMITÉ D’ORGANISATION

    Benjamaa Ghizlane, doctorante (Paris 8, CEMTI)
    Maxime Cervulle, professeur (Paris 8, CEMTI)
    Marie Chagnoux, maître de conférences (Paris 8, CEMTI)
    Lucile Coquelin, doctorante (Paris 8, CEMTI)
    Erica Guevara, maîtresse de conférences (Paris 8, CEMTI)
    Marc Kaiser, maître de conférences (Paris 8, CEMTI)
    Christophe Magis , maître de conférences (Paris 8, CEMTI)
    Adrien Péquignot, doctorant (Paris 8, CEMTI)
    Marine Siguier, docteure (Paris 8, CEMTI)

  • Colloque Eclectisme et Transversalité de la Sémiotique - 10-11 décembre 2021
  • 10 décembre
    Université de Paris - 45, Rue des Saints-Pères
    75006 Paris, Salle des thèses, Bâtiment Jacob

    11 décembre
    Université Paris 8 - 2 rue de la Liberté, 93200 Saint-Denis
    Salle B 235, bâtiment B2

    Le colloque pourra être suivi également à distance sur : 

    https://u-paris.zoom.us/j/83290842737?pwd=M0ZxTzJsMjFFMThtZzB5TFBXMlNkdz09

    Pour assister au colloque, il est impératif de sinscrire un envoyant un e-mail à ladresse juan.alonso@parisdescartes.fr

    10 décembre

    9h : Accueil

    9h30 : Juan Alonso Aldama (Université de Paris) et Denis Bertrand (Université Paris 8) : Introduction

    9h50h : Francesco Marsciani (Université de de Bologne) : « La transversalité sémiotique et l’immanence »

    10h15 : Ylan Damerose (Université de Paris) : « L’éclectisme, éclat de “la marche de l’esprit humain”. Une analyse tensive de l’éclectisme de Diderot »

    10h35 : Questions

    11h55 : Pause café

    11h30 : Jean François Bordron (Université de Limoges) : “Éclectisme et cadavre exquis“ Comment se représenter l’esprit d’un éclectique si ce n’est sous la forme de cet exercice surréaliste ?

    11h40 : Heloisa Akabane (Université de Paris) : « Interdisciplinarité et pouvoir disciplinaire »

    12h : Questions

    14h30 : Valérie Brunetière (Université de Paris) : « Que fait et ne fait pas Descola à la sémiologie/sémiotique – ou l’inverse ? Sur un manque d’éclectisme »

    14h50 : Sébastien Thomas (Université de Paris) : « Sous-rôles sociomoteurs et parcours génératif : tentative d’intégration théorique »

    15h10 : Pamela Moore (Sorbonne université) : « Éclectisme et sémiotraductologie »

    15h30 : Questions

    16h15 : Alexis Ben Fredj (Université de Paris) : « La ‘culture de sécurité’ au prisme de l’éclectisme »

    16h35 : Carlo Andrea Tassinari (Université de Palerme) : « Le contraste et l’amalgame. Stratégies sémiotiques de gestion de l’hétérogène »

    17h00 : Questions

    11 décembre

    9h30 : Maria Cristina Falco (Université de Salerne) : « Unité, sème, valeur : concepts opératoires pour un dialogue entre sciences du langage et sciences humaines & sociales »

    9h50 : Paul Hermans : « Ne pas céder sur le principe de pertinence »

    10h10 : Antonino Bondi (Université de Catane) : « L’art ‘éclectique’ de l’attention : une lecture sémiotique »

    10h30 : Questions

    11h15 : Marika Nessi Lamardo (Université de Paris) : « Je sais que je sais tout : le « tuttologo » et l’éclectisme dans la politique italienne »

    11h35 : Grigori Agabalian (Université de Paris) : « L’éclectisme contre les ismes ? »

    12h : Questions

    14h30 : Ivan Darrault (Université de Limoges) : Attractions et tiraillements. Joies et tribulations d’un sémioticien en éclectisme

    14h50 : Federico Biggio (Université de Turin / U. Paris 8) : « Le paradoxe sémiotique. L’éclectisme et le langage-opération »

    15h10 : Alexandra Saemmer (U. Paris 8) et Nolwenn Tréhondart (U. de Lorraine) : « Expérimenter sur le sens. Des signes aux filtres interprétatifs »

    15h30 : Questions

    16h15 : Pierluigi Cervelli (Université de Rome/La Sapienza) : « Le troisième élément : l’éclectisme de la théorie sémiotique dans l’oeuvre de Greimas »

    16h35 : Veronica Chernaia (Université Paris 8) : « Éclectisme de la prospective : apport de la sémiotique au domaine des études sur le futur »

    16h55 : Bernard Darras (Université Paris 1) : « Étude des conceptions et significations de l’éclectisme dans les communautés sémiotiques »

    17h15 : Questions

    17h30 : Conclusions et fin du colloque

     

     

    Présentation

     

    L’éclectisme n’a pas bonne presse. Le Petit Robert définit ainsi l’intégration de ce mot au vocabulaire courant : « Éclectique : qui n’a pas de goût exclusif, ne se limite pas à une catégorie d’objets ». Et le dictionnaire ajoute cette citation de Baudelaire : « L’esprit le plus ouvert à toutes les notions et à toutes les impressions, le jouisseur le plus éclectique. » En somme, touche-à-tout, mais hédoniste.

     

    Le reproche d’éclectisme a souvent été adressé à la sémiotique qui, translangagière par définition, n’hésite pas à aborder la plus grande diversité d’objets : le séminaire de Sémantique générale de Greimas à l’EHESS se déployait en « ateliers » de spécialités (« sémiotique littéraire », « architecturale », « plastique », « biblique », etc.) et en sous-disciplines (« socio-sémiotique », « psycho-sémiotique », « sémio-phénoménologie », etc.). Avec les « études sémiotiques », concrètes et opérationnelles, le champ s’est encore plus largement étendu, couvrant potentiellement tous les domaines de la signification sociale, de la communication institutionnelle au marketing et au design (cf. le « “Couteau suisse” et “Opinel” » de J.-M. Floch), du discours politique aux interventions médiatiques.

     

    Or, parallèlement, la seconde critique souvent adressée à la sémiotique porte sur ses exigences d’élaboration conceptuelle – épistémologique, théorique et méthodologique –, jugée excessivement complexe et parfois qualifiée de « jargonnante ». Éclectisme des objets et spécialisation trop savante, voilà le double bind dans lequel elle semble enfermée. Tous les praticiens de la discipline savent bien, pourtant, que ce sont précisément les impératifs d’une construction théorique raisonnée concernant les langages, leurs modes d’organisation et leur mise en œuvre en interaction qui autorisent et légitiment l’investigation de domaines aussi variés. Cette diversité s’unifie pour le sémioticien dans la mesure où tout texte, toute image, tout objet et toute pratique relèvent forcément d’une sémiose qui donne à son travail de construction théorique et d’analyse toute sa justification scientifique.

     

    Car la sémiotique se donne pour objectif premier de chercher comment les phénomènes signifient avant de se prononcer sur ce qu’ils signifient.

     

    De plus, chaque doctorant le sait bien, comme chaque chercheur, engager une recherche en sémiotique implique d’emblée une double spécialisation : dans le domaine de référence et dans la théorie qui va soutenir le regard sur ce domaine, c’est-à-dire, d’un côté les discours-objets (politique, littéraire, plastique, musical, gestuel, etc.), et de l’autre, la sémiotique comme méthode et comme théorie – c’est-à-dire toujours soumise à son propre questionnement et à ses doutes épistémiques.

     

    Il y a là un ensemble de raisons suffisantes pour se poser à nouveaux frais la question de l’éclectisme, en cherchant à dépasser d’emblée la définition triviale et disqualifiante de ce terme : le dilettante qui prend ici et là, dans cette discipline et dans cette autre, ce qui l’arrange. Deux ordres de raisons justifient plus profondément à nos yeux qu’on se penche aujourd’hui sur cette problématique : 1. L’évolution des champs disciplinaires à l’université, et 2. L’impact prévisible de la grande crise écologique sur l’ordre des connaissances elles-mêmes, entre le monde des sciences exactes et celui des humanités.

     

    Comité d’organisation

     

    Juan Alonso Aldama, Denis Bertrand, Daniela Brisolara, Valérie Brunetière, Bernard Darras et Alexandra Saemmer.