Capitalisme cognitif

Séminaire sur le « Capitalisme cognitif », dirigé par Carlo Vercellone, réalisé dans le cadre du projet européen DECODE

Le capitalisme du cœur : forme valeur et affects numériques

Mercredi 27 novembre à la Maison des Sciences économiques, 106-112, boulevard de l’Hôpital (Métro "Campo-Formio"), salle 114 de 18h00 à 20h30

Olivier Voirol (Université de Lausanne, Institut des sciences sociales, membre du Laboratoire « Capitalisme, culture et sociétés ») — Discutant : Andréa Zanotti (chercheur indépendant, ÉHÉSS)

Les relations affectives n’ont pas été épargnées par la montée du numérique dans les relations sociales actuelles et sont véritablement refaçonnées par le « capitalisme des plateformes ». En quoi, cependant, peut-on parler de relations capitalistes dans le domaine des relations affectives ? L’amour n’a-t-il pas été pensé comme l’antinomie du capital dans la modernité ? Entre amour romantique et rationalité économique, n’a-t-on pas deux sphères distinctes, avec leurs principes normatifs et leurs attentes propres, ainsi que leurs orientations pratiques distinctes ? Dans son intervention, Olivier Voirol interrogera la rencontre en ligne comme un site d’observation des transformations actuelles du capitalisme, en s’appuyant sur le concept de forme-valeur. Cette extension est impulsée simultanément par le développement d’un libre « marché » des affects et par les plateformes de la rencontre. Le « capitalisme du cœur » fait de la logique des nombres le ressort de son extension, si bien que la notion de valeur acquiert une actualité nouvelle dans la critique du capitalisme actuel.

 

Penser l’exploitation aujourd’hui : nouveaux procès de travail, coopération sociale et extractivisme

Lundi 4 novembre à la Maison des Sciences Economiques, 106-112, boulevard de l’Hôpital (Métro "Campo-Formio"), salle des thèses (6e étage) de 18h00 à 21h

Emmanuel Renault (Paris Nanterre – Sophiapol) & Sandro Mezzadra (Alma Mater Bologna) — discutant Federico Puletti (Université Paris Nanterre - Sophiapol)

Le concept d’exploitation remplit dans la philosophie de Marx une double fonction : d’une part, il est à la base d’une théorie matérialiste de l’histoire des sociétés de classes, d’autre part, il est central pour rendre compte des spécificités des rapports de production capitalistes.

Quelle pertinence peut-on donner aujourd’hui à cette deuxième fonction compte tenu de son rapport constitutif avec la théorie de la valeur-travail ? Et compte tenu aussi du fait que ce concept apparait comme doublement lié à une distinction rigide entre travail productif et improductif, production et reproduction ? Comment imaginer une « théorie de l’exploitation » adéquate pour penser les opérations contemporaines du capital et les nouvelles formes d’organisation du travail ?

Emmanuel Renault montre dans ses travaux que la théorie de l’exploitation capitaliste repose parallèlement sur une théorie de la valeur et sur une théorie de la domination, mais que celles-ci sont relativement indépendantes l’une de l’autre. La production d’un surplus de travail dépendrait donc de dispositifs de pouvoir qui évoluent dans le temps en fonction de la nécessité de définir de nouvelles formes de mise au travail.

Sandro Mezzadra, analyse les moyens par lesquels les opérations financières synchronisent et dirigent l’accumulation du capital, et enquête sur la coordination logistique des processus de travail social. Il propose ainsi de lire derrière les nouvelles opérations de capital une logique commune qu’il définit comme « extractive ».


Le défi du capitalisme des données : l’alternative des data commons

Lundi 16 septembre, Maison des Sciences économiques, 106-112, boulevard de l’Hôpital (Métro "Campo-Formio"), salle 114, de 18h30 à 21h

Antonio Calleja-Lopez, sociologue, Internet Interdisciplinary Institute, Universitat Oberta de Catalunya

Au cours de ce séminaire, Antonio Calleja-Lopez analysera les principaux régimes des données mis en œuvre dans le contexte du capitalisme cognitif, puis présentera une alternative, celle des data commons. En dialoguant avec la tradition critique des biens communs, son exposé proposera une caractérisation des formes de production, de pouvoir, de protection et du potentiel des data commons. Il fournira également une « nouvelle métaphore » pour penser les données et les régimes sociotechniques qui les entourent. En conclusion, Antonio Calleja-Lopez s’interrogera sur le travail de réflexion théorique et pratiqué mené dans les projets DECODE et Decidim en soulignant leur intérêt pour progresser vers une société numérique radicalement démocratique.

Séminaire organisé dans le cadre du projet européen DECODE. Notice biographique du conférencier : Antonio Calleja-López est docteur en sociologie (Université d’Exeter) et titulaire de deux masters en philosophie et en sciences politiques. Il est co-coordinateur de Tecnopolítica à l’Institut interdisciplinaire d’Internet de l’Universidad Oberta de Catalunya. Il a été boursier Fulbright et co-fondateur de Heurística.barcelona. Il participe à plusieurs projets de recherche internationaux parmi lesquels DECODE et Decidim.